COLLOQUE

Du surgissement à l’élaboration du fantasme

Samedi 1er décembre 2018, 9h30-18h

Amphithéâtre Pasquier, Campus des Cordeliers

15, Rue de l’École de Médecine 75006 Paris

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Programme

09h30

Celya Herbin - La découverte freudienne : le fantasme

Michaël Ringenbach - La haine, une suite logique du fantasme

Sandrine Sergent - Figures du fantasme et acte analytique

Débat/Pause

Olivia Poiatti - Grammaire du fantasme de l’attente, de Wittgenstein à Stanley Cavell

Antoine Masson - S’exister en poésie. À partir de Pessoa, le fingidor et le rêveur absolument

Déjeuner

14h30

Sabine Prokhoris - Penser en analyste : rêverie théorique versus fantasme en uniforme

Yves Sarfati - Cheminement à l’ombilic d’une fantaisie freudienne

Celya Herbin - Du statut catégoriel du fantasme

Débat/Pause

Marc Strauss - Au-delà du fantasme ?

Dorothée Legrand - (à) partir du réel

André Michels - Le fantasme, la réalité psychique et le réel

André Michels & Frédéric Forest - Conclusions

Modérateurs : Frédéric Forest, Gérard Guillerault, Didier Lauru

Présidence : André Michels

S’il est une découverte freudienne qui a bouleversé l’histoire des idées, c’est celle du fantasme. Davantage que l’inconscient qui depuis l’invention du mot par Cudworth était devenu une évidence partagée. Avec le fantasme, Freud montre que chacun se voit, voit le monde et y envisage ses actions à partir d’une construction singulière tissée dans son enfance à partir de « choses vues et entendues » qui y étaient colorées par les souhaits de son entourage, ce qui rend son rapport aux autres, voire à ses intentions, délicat, loin de l’optimisme cartésien d’un bon sens partagé.

Freud saisit le statut catégoriel du fantasme, de nature tout aussi objective, dit-il, que la pensée conceptuelle, tout en se différenciant par son inadaptation aux exigences logiques du monde extérieur ; c’est la raison pour laquelle il lui donne le nom de réalité psychique. Si la réalité du fantasme est objective, et non subjective, c’est qu’il est implémenté (comme les concepts), à partir de l’idiolecte maternel infra-linguistique : regard, mimique, gestuelle, intonation, interjections, etc., dans les premiers mois de la vie de l’enfant ; et c’est pourquoi il se distingue, comme les concepts, de ses productions : énoncés, scenarii imaginaires, symptômes qui s’imposent à nous.

Freud saisit aussi la temporalité d’après-coup du fantasme, quand la pensée conceptuelle est intemporelle. Car, dans la vie quotidienne, le fantasme se manifeste lorsqu’un événement, Ereignis, l’interpelle et engendre ce qui est vécu, Erlebnis, se dépliant sous l’expression d’un énoncé, d’un scénario, d’un symptôme, d’un lapsus, d’un acte manqué.

Une chose est donc le scénario imaginaire qui s’impose au sujet sous l’aspect disons d’«un enfant est battu» et qui suscite son excitation, quand la même scène perçue dans la réalité suscite une aversion, autre chose le fantasme qui préside à la production de ce scénario et dont l’accès passe par la levée de l’amnésie infantile.

C’est tout l’enjeu d’une psychanalyse. L’élaboration du fantasme. Pour que celui qui s’y engage s’affranchisse de la contrainte des souhaits de son environnement d’enfance projetés depuis à l’envi sur les acteurs de son existence, comme de la contrainte des idéaux sociétaux. Pour saisir ce qu’il en est de ses ambitions propres et envisager un rapport aux autres défait de raisons inactuelles ou idéales.

Avec la participation de

Sabine Prokhoris

Yves Sarfati

Dorothée Legrand

Antoine Masson

Olivia Poiatti

Michaël Ringenbach

Sandrine Sergent

André Michels

Celya Herbin

Discutants

Frederic Forest

Gérard Guillerault

Didier Lauru

Sous la présidence de

André Michels

Organisé par

Celya Herbin

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